Indépendant mais pas isolé : 5 tactiques contre la solitude de l’entrepreneur
Indépendant, mais pas solitaire
Premier constat : les entrepreneurs ne sont pas égaux devant la solitude. En témoigne Bruno Ennochi, Conseil en développement commercial : « mon métier m'amène à être en contact quotidien avec mes clients et leurs prospects, donc j'ai la chance d'avoir une solitude très « peuplée ». À l'opposé, une web développeuse telle que Myriam Faulkner affirme être constamment livrée à elle-même. Une situation pas toujours vécue comme un problème. « J'ai besoin de solitude, reconnaît-elle, pour pouvoir me concentrer sur mon travail ». Quant à Gérard Planchon, commerçant indépendant, il se félicite des relations qu'il a instituées avec ses homologues du quartier : « Nous apprenons les uns des autres pour mieux résister aux grandes surfaces». Quoi qu'il en soit, même dans le cadre d'une activité très relationnelle, tout indépendant a besoin de nouer des contacts, « au moins, poursuit Bruno Ennochi, pour se ressourcer ou tout simplement décompresser.»
Les 5 tactiques anti-solitude
En démarrage d’activité
Tactique n°1 : se trouver des colocataires
« En 2006, j'ai installé mon bureau à la maison, se souvient Hélène Buguet, créatrice d'AFLO, société conseil en Supply Chain. Erreur fatale ! Pour le mélange des tâches ménagères et professionnelles, c'est parfait ! Et mon frigo a beaucoup apprécié ma disponibilité (vive le grignotage !). Frédéric Benzimera, consultant en études marketing et communication évite cet écueil en s'installant dès la création de son activité dans les locaux d'une société partenaire : « Je savais que je n'aurais pas assez de discipline pour travailler seul ». Bruno Ennochi fait de même « pour plonger d'emblée dans une ambiance de gens qui bossent et non pas bosser sans ambiance ».
Tactique n°2 : faire ses premiers pas en réseau, physique ou virtuel
S'appuyer d'emblée sur des réseaux d'accompagnement formels, c'est le réflexe d'Olivier Flahault, lorsqu'il reprend la société Incidence, éditeur d'objets de décoration : « D'abord parce que la reprise, ça ne s'improvise pas, reconnaît-il. Ensuite, parce qu'en changeant radicalement d'activité, après toute une carrière dans l'industrie alimentaire, je perdais tous mes liens professionnels.» Ce boulimique de contacts se recrée un environnement professionnel : formation et suivi au sein du CRA (Association Nationale pour la Transmission d'Entreprise) puis, avec le soutien des chefs d'entreprises retraités du réseau ÉGÉE (Entente des Générations pour l'Emploi et l'Entreprise), il profite du programme APERE (Accompagnement Personnalisé d'Entrepreneurs et Repreneurs d'Entreprises).
Même son de cloche pour Héléna Bouguet qui décide de se faire accompagner par un conseiller post-création de sa CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie). Un véritable partenaire qui la conseille, la challenge sur sa stratégie, mais aussi un aiguilleur qui l'oriente pour son financement vers le CAP Entreprise de sa région (programme d'accompagnement global associant diagnostic, formation, conseil et suivi), la met en contact avec des organismes de formation, ou avec d'autres entrepreneurs, via le club des créateurs CJ2E (Centre des Jeunes Entrepreneurs de l'Essonne).
Et même lorsqu'on est très isolé géographiquement, par choix ou nécessité, il reste encore les réseaux sociaux virtuels ! Pour exercer son activité web, Myriam Faulkner a choisi de s'installer au Grau du Roi en Camargue. Des paysages magnifiques, mais le grand désert social ! « Au début, heureusement que je pouvais m'offrir des petits quarts d'heure de délire avec d'autres freelances rencontrés sur le forum internet Rezoting (Yahoo Group)». Son animateur, Mickaël Thomassin, expert en contenu web, lui-même expatrié au Mexique, s'est constitué une communauté virtuelle de plus de 100 contacts, clients, partenaires, correspondants du monde entier, via les réseaux sociaux (type Viadeo), mais surtout en navigant dans la blogosphère. « Mon blog draine aujourd'hui une audience régulière, se félicite-t-il, et je passe plusieurs heures par jour à répondre aux mails ou à converser sur Skype ou i-visit».

*Chaîne logistique

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